Le Prix spécial de l'Académie

Une commission de nomination désignée par le Département fédéral de l'intérieur, composée de cinq membres de l'Académie, soumet chaque année à l'Office fédéral de la culture une proposition pour le prix spécial de l'Académie. Ce prix récompense une performance exceptionnelle de nature technique et/ou artistique qui n'entre pas dans le cadre de l'une des douze catégories: par exemple, son, mixage/sound design, équipements, maquillage, costumes, effets visuels, casting, etc.

Le Prix spécial est doté de CHF 5000.

La commission de nomination distingue cette année le travail de Thomas Nellen qui a réalisé le maquillage pour le film VAKUUM de Christine Repond.

Thomas Nellen a consacré sa vie à l’art du maquillage. En 1993, le Zurichois s’installe à Los Angeles après avoir collaboré à PROMISED LAND de Michael Hofmann. Il participe ensuite à des productions hollywoodiennes telles que THE PATRIOT (2000), TRUE GRIT (2010) ou INDEPENCE DAY: RESURGENCE (2016). Sur ce dernier tournage, il fait la connaissance de l’acteur Jeff Bridges, dont il est depuis le maquilleur personnel.

Mais son cœur bat également pour les films d’auteur. Dans VAKUUM, film de fiction de Christine Repond, Thomas Nellen fait la preuve de son art consommé de faire paraître naturels les acteurs qu’il maquille, car un maquillage n’est jamais aussi bon que lorsqu’il ne se remarque pas.

La commission de nomination du Prix du cinéma suisse a tenu à honorer le travail et l’engagement de Marie-Eve Hildbrand tout au long du processus de création et de production de Ma Vie de Courgette. S’ il’est bien connu que dans l’animation, l’âme des personnages – leur anima – repose en général entre les mains des animateurs, elle provient ici aussi en grande partie de la voix bien humaine des acteurs, majoritairement des enfants. Au travers de son travail de casting voix, mais aussi de direction d’acteurs et de montage voix, Marie-Eve Hildbrand a contribué à créer une forte identification du public avec les personnages nés de l’imaginaire du réalisateur. 

 

Spezialpreis 2016

Le prix spécial de l’Académie 2016 va à deux ingénieurs du son. Guido Keller pour le mixage de « Köpek » et Jacques Kieffer pour le mixage de « Above and below ». Observant un équilibre précis entre tous les éléments de la bande-son, ils créent une dramaturgie convaincante qui devient un des moteurs de la narration. Précise et serrée, mais jamais criarde ou visant à l’effet. Keller et Kieffer sont partenaires au sein de Magnetix Tonstudios à Zurich, un groupe de créateurs sonores à qui l’on doit pour une bonne part le son extrêmement soigné que le cinéma suisse produit depuis des décennies.

Patrick Lindenmaier a travaillé sur onze films concourant au Prix du Cinéma Suisse 2015, en offrant sa grande sensibilité, son savoir-faire précieux et son inventivité inépuisable, afin de permettre à chaque film de trouver son esthétique et son atmosphère visuelle singulières. C’est un technicien fort chevronné, un artiste, dont le travail prodigieux rassemble les diverses régions de la Suisse et fait rayonner durablement la qualité de notre cinéma dans le monde.

Née à Lausanne, Françoise Nicolet se forme dans l’architecture, puis s’installe au Danemark où elle travaille comme chef de plateau dans les grands théâtres de Aarhus et Copenhague. En 1981, elle se spécialise dans la création de costumes de films. Après plus de 70 tournages, cinéma, tv et plus de 300 films publicitaires à travers le monde, Françoise Nicolet acquiert une solide expérience en travaillant sur de nombreuses co-productions internationales, avec les grands noms du cinéma. A ce jour, elle est installée à Vevey, où elle continue de travailler, en Suisse et à l’étranger.

Le montage de Karine Sudan fait du voyage de ce couple de bergers un road movie à la fois touchant et passionnant. Porté par un sens très sûr du rythme, le film donne à voir dans un âpre paysage hi-vernal une histoire faite de poésie, de chaleur et d’humanité.

Gion-Reto Killias pour l'excellence du montage des trois films «Abrir puertas y ventanas», «Day Is Done» et «Eine wen iig, dr Dällebach Kari».
Pour trois films qui ne pourraient pas être plus différents, Gion-Reto Killias par son travail sur le montage a su trouver le bon langage et le bon rythme. Signes distinctifs de son travail sont le traitement sensible des émotions et le fait qu'il ouvre et donne accès à une dramaturgie pluridimensionnelle.

Éloge du jury: «Les décors de Gerald Damovsky contribuent essentiellement à créer l'atmosphère terriblement lugubre de «Sennentuntschi», qui en fait du thriller alpin imposant, profond et résoluement non helvétique.»
Rendre la mise en scène d'un film invisible, voilà ce qui imprègne les décors de Gerald Damovsky. Il offre ainsi volontairement au spectateur un espace de liberté dans lequel il peut développer ses propres visions, se couper de la réalité et plonger dans la fiction. Parallèlement à d'innombrables spots publicitaires, il s'est vu décerner le «Zürcher Filmpreis» pour le film «Mein Name ist Eugen».
«Sennentuntschi» est, après «Mein Name ist Eugen», sa deuxième collaboration avec Michael Steiner.