Le Prix d'honneur

En collaboration avec le responsable de la section cinéma (OFC), le comité de l'Académie du Cinéma Suisse soumet, chaque année, à l'Office fédéral de la culture (OFC) une proposition visant à récompenser une personnalité exceptionnelle pour l'ensemble de son œuvre ou pour un engagement exceptionnel d'une grande importance sociétale, ayant jusqu'à aujourd'hui marqué significativement l'histoire du cinéma suisse et la culture cinématographique.

Le prix d'honneur est doté de CHF 30 000.

Georges Schwizgebel

Dans le cadre du Prix du cinéma suisse 2018, l’Office fédéral de la culture (OFC) décerne à Georges Schwizgebel le Prix d’honneur pour l’ensemble de son œuvre cinématographique. Peu de cinéastes ont marqué le film d’animation suisse autant que Georges Schwizgebel. Des festivals du monde entier ont montré et récompensé ses films. Des rétrospectives et des expositions ont été consacrées à ses œuvres à Paris, Tokyo, Montréal et New York. Georges Schwizgebel est également membre fondateur du Groupement suisse du film d’animation (GSFA), l’association des acteurs professionnels du cinéma d’animation fondée à Genève en 1968, qui fêtera son cinquantième anniversaire en 2018.
Né en 1944 à Reconvillier, Georges Schwizgebel commence par faire des études d'artl. Avec Daniel Suter et Claude Luyet, il fonde en 1971 le studio GDS, où voient le jour des travaux de commande et des productions indépendantes. Jusqu’à aujourd’hui, il y a produit et réalisé, à intervalles réguliers, plus de vingt films d’animation, à commencer par « Le vol d’Icare » (1974), jusqu’à sa dernière œuvre actuelle, « La bataille de San Romano » (2017). Il a reçu deux fois le Prix du cinéma suisse dans la catégorie « Meilleur film d’animation », en 2002 pour « La jeune fille et les nuages » et en 2016 pour « Le roi des aulnes ».
La musique et la peinture jouent un grand rôle dans les films d’animation de Georges Schwizgebel. Selon les termes mêmes de la commission de nomination, « la fluidité de ses métamorphoses font de lui un « maître de la toile ». Dans ses films-tableaux, les larges mouvements de balayage qu’il imprime à sa caméra dépassent toutes les limites de l’espace et du temps avec une stupéfiante continuité. »

 

Ehrenpreis 2017

Bruno Ganz est l’un des plus illustres acteurs de langue allemande. Couronné de nombreux prix, il a joué dans d’innombrables productions internationales, au cinéma comme au théâtre. Cet acteur ne se glisse pas dans un rôle, il l’absorbe, le fait sien, l‘aime et le vit. Un acteur allergique aux coquetteries et aux manières de star. Un acteur qui ne fait pas l’acteur, qui, au fond, n’est pas un acteur. Qui ne fait pas comme si, mais comme c’est. Bruno Ganz donne réellement vie à tous ses personnages, aussi divers soient-ils. Le prix d’honneur lui est décerné en reconnaissance de son immense et exceptionnel talent, qui traversera le temps.

Ehrenpreis 2017

Le cameraman tessinois Renato Berta a marqué de façon significative le cinéma d’auteur européen des 45 dernières années. Personnalité-clé parmi les acteurs du renouveau du cinéma, il a toujours été à la recherche de solutions éloignées des stéréotypes habituels. Ses collaborations avec de grands metteurs en scène ont fait de lui un créateur d’images d’une stature internationale.

Jean-Luc Godard

Le prix d’honneur décerné à Jean-Luc Godard récompense un cinéaste visionnaire et un virtuose du montage dont les œuvres d’avant-garde ont inspiré des générations de cinéastes dans le monde entier.

Alexander J. Seiler

Le lauréat du prix d’honneur décerné dans le cadre du Prix du cinéma suisse 2014 est maintenant connu: il s’agit de l’auteur et producteur Alexander J. Seiler que l’Office fédéral de la culture vient de distinguer pour l’ensemble de son œuvre de cinéaste et de journaliste. Il compte parmi les pionniers du nouveau cinéma suisse qui a attiré l’attention internationale à partir du milieu des années 1960.

Jacqueline Veuve

Jacqueline Veuve est la grande dame du film documentaire suisse. Son œuvre fait partie de la mémoire de la Suisse. Réalisatrice de films documentaires, chroniqueuse, Jacqueline Veuve, lauréate du Prix d’honneur du cinéma suisse, a tourné plus de 60 courts et longs métrages documentaires présentés dans des festivals du monde entier et couronnés par des prix internationaux. Jacqueline Veuve est née en 1930 à Payerne. Après une formation de documentaliste à Genève, elle travaille à Paris dès les années 1950 au Musée de l’homme avec l’ethnographe et cinéaste Jean Rouch. Dans les années 1970, elle réalise des courts métrages au Massachusetts Institute of Technology sous la direction de Richard Leacock, le représentant du Direct Cinema. Jacqueline Veuve est une «chroniqueuse du quotidien» : l’homme et son travail, la vie à la campagne, les artisans sont des sujets récurrents dans ses films, comme en témoignent les titres suivants : « Jour de Marché » (2002), « Chronique vigneronne » (1999), « Chronique paysanne en Gruyère » (1990), « Les frères Bapst, charretiers » (1989) ou encore « Boîtes à musique et automates » (1986). Beaucoup de films sont des portraits, à la fois précis, engagés et subtils comme « La mort du grand-père ou le sommeil du juste » (1978), « Claude Lebet luthier » (1988) et « La petite dame du Capitole » (2005).

Rolf Lyssy reçoit le prix d’honneur pour son œuvre extraordinaire. Avec «Les faiseurs de Suisses» (1978), il a créé le film helvétique qui a eu plus grand succès au cours des 50 dernières années. Sa carrière a démarré en 1964: il a collaboré aux films de Reni Mertens et Walter Marti ainsi qu’avec Alain Tanner. Sa dernière œuvre «Ursula – Leben in Anderswo» (2011) renoue avec le film «Ursula oder das unwerte Leben» (1966) de Mertens et Marti. Il a obtenu ses premières reconnaissances en tant que réalisateur et auteur en 1975 avec le long métrage «Konfrontation», l’histoire d’un attentat sur un chef de groupe nazi à Davos. En 40 ans de carrière, il a créé une œuvre diversifiée avec aussi bien des films de fiction que des documentaires. Dans le livre «Swiss Paradise», Lyssy a décrit la crise existentielle dans laquelle il avait sombré à la fin des années 90. L’inoubliable «Les faiseurs de Suisses» a été suivi des films «Teddy Bär» (1983) et «Leo Sonnyboy» (1989) également couronnés de succès. Parmi ses documentaires récents, on relèvera les films «Schreiben gegen den Tod» (2002), «Wäg vo de Gass!» (2004), «Die Vitusmacher» (2005) et «Hard(ys) Life» (2009).

Le prix d’honneur revient, cette année, à Marcel Hoehn, fidèle producteur de nombreux films suisses. Sa carrière démarre en trombe avec «Les Faiseurs de Suisses» de Rolf Lyssy (1978), qui reste l’un des plus grands succès du cinéma suisse. Fruits d’une longue collaboration avec Daniel Schmid, «Hécate» (1982), «Le Baiser de Tosca» (1984), «Visage Écrit» (1995) et «Berezina» (1999) sont eux aussi inoubliables. Le co-fondateur et directeur de T&C Film AG, Zurich, a produit «Jeune Homme» (2006) et «La disparition de Giulia» (2009), deux succès de Christoph Schaub. Membre de longue date de la Commission fédérale du cinéma et de plusieurs commissions d’experts, Marcel Hoehn jouit d’un grand respect auprès de la branche, grâce à ses profondes connaissances du cinéma suisse et à un engagement qui ne faiblit pas.

 

Le prix d’honneur revient, cette année, au réalisateur genevois Claude Goretta, représentant emblé- matique du cinéma suisse. Passionné de cinéma déjà à l’époque de ses études, Goretta fonde le Ciné-club universitaire. En 1955, il part pour l’Angleterre et travaille au très renommé British Film Institut de Londres. Il y découvre le film documentaire anglais et le mouvement du free-cinema. Il tourne son premier court-métrage avec Alain Tanner, « Nice Time» (1957) qui sera primé au Festival du film de Venise. De retour en Suisse, il entame sa carrière auprès de la Télévision suisse romande pour laquelle il réalise des documentaires, tourne des reportages et adapte des œuvres littéraires et des pièces de théâtre. En 1968, il fonde le « Groupe 5» avec ses amis Alain Tanner, Michel Soutter, JeanLouis Roy et Jean-Jacques Lagrange, une maison de production qui marquera considérablement la création cinématographique indépendante en Suisse romande. C’est en 1970 qu’il se lance dans la réalisation de longs métrages de fiction qui seront reconnus dans le monde entier. Nombre de ses projets sont coproduits en France où il est très apprécié. Ses films s’intéressent avant tout à la vie et au quotidien des gens simples qu’il met en scène avec respect et délicatesse. Parmi ses succès sur la scène internationale, il convient de citer «L’invitation» (1973) et «La dentellière» (1977), primés au Festival de Cannes, ou «Si le soleil ne revenait pas» (1987) adapté de l’œuvre de C.F. Ramuz. Ses réalisations les plus récentes «La fuite de Monsieur Monde» (2004) et le téléfilm en deux parties «Sartre, l’âge des passions» (2006) ont remporté un grand succès auprès du public français et romand.